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Kili & Mont Blanc : Comment franchir un sommet en 10 étapes ?

Cet été, destination, le sommet du Mont Blanc à 4 810 mètres (le plus haut sommet d’Europe occidentale), encordé, en crampons, en piolets, en refuge et en glacier,  avec la même équipe que l’expédition du Kilimandjaro (le toit de l’Afrique à 5 890 mètres), 6 jours de marche, sous la pluie, en tente, et le soleil à l’arrivée ! Bilan : c’est dangereux et technique mais absolument incroyable ! A faire une fois dans sa vie si vous en avez l’occasion !

Comment se dépasser physiquement et aller au-delà de ses propres limites, comment maîtriser son esprit et utiliser à bon escient son mental, comment être solidaire dans l’adversité à l’intérieur d’une expédition collective, comment bien se préparer pour une balade hors normes et une aventure inoubliable ?

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Voici, après le Kilimandjaro (en bas) et le Mont Blanc (en haut),
10 étapes pour franchir un sommet :

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  1. Rester humble face à la montagne !
    • Règle immuable en montagne : savoir se faire tout petit devant la nature et la météo. Ne jamais se donner gagnant face aux difficultés et à la puissance de la Terre. Ne pas être condescendent (au risque d’être un con descendant au lieu de monter..). Ne pas surestimer sa forme et gaspiller ses forces. Prudence, humilité, constance. Commencez d’ailleurs par faire l’ascension d’un mont abordable. On ne commence pas avec le K2 !
  2. Etre bien préparé physiquement !
    • Il y a des domaines où l’improvisation peut supplanter la préparation. La montagne n’est en pas un. Entre 3 et 6 mois de préparation physique sont recommandées pour une ascension en haute altitude. Voilà 3 conseils de préparation : bien s’entrainer à courir régulièrement 1h/1h30 pour tester son rythme cardiaque en endurance, sa résistance dans les longues côtes, ses limites en fractionné et ses fibres musculaires (cuisses/dos/épaules) en work-out ; arrêter de fumer de 1 mois à 3 mois en amont afin d’avoir le temps de bien nettoyer ses poumons ; et faire quelques randonnées de taille moyenne.
  3. Avoir du bon matériel sur soi !
    • Il est essentiel d’avoir du matériel de qualité, chaud, respirant et performant. La liste est longue mais en gros : une bonne paire de chaussures de randonnée (ou d’alpinisme, nécessaire pour le Mont Blanc) agréable et imperméable, un sac à dos léger de 30-40 litres avec juste le nécessaire vital à porter, des habits polaires multi couches et anti-transpirants, un softshell / K-Way / doudoune, une lampe frontale, une couverture de survie, des bâtons de randonnée (crampons/piolets si besoin) et une gourde (et/ou un thermos). Enfin, un pancho peut servir en cas de pluie pour une protection globale corps/sac contre l’humidité (important au Kili puisque vous avez 6 jours de marche avec les nuits en tente donc sans endroit chauffant). Pour l’achat, Décathlon reste le moins cher, sinon sachez que les agences et les guides prêtent (gracieusement) souvent du matériel sur place.
  4. Choisir son coach et son guide !
    • Je tiens à remercier Adrien Albert pour le coaching sportif adapté et le suivi personnalisé, avec un programme complet sur 10 semaines, des conseils pluridisciplinaires, une mise en confiance globale, et une check list mentale et physique sur mesure. Thanks bro😉 Un ami ou un pro, en tout cas, un accompagnateur pour vous motiver et être sûr d’être sur la bonne voie jusqu’à la vallée. Ensuite, pour la montée, il est essentiel de regarder bien en amont les agences, comparer les prix, et trouver un guide sûr et avec lequel vous vous entendrez bien dans l’adversité en allant –encordé- vers le sommet.
  5. S’acclimater naturellement et chimiquement !
    • Qui que vous soyez et dépendant de votre état d’esprit du jour, vous ne savez jamais comment vous allez résister à l’altitude, et pas même Usain Bolt! C’est pourquoi les guides recommandent de monter progressivement en altitude afin d’éviter un choc cérébral ou cardiaque brutal. C’est absolument nécessaire. Mais en plus, voici un conseil qui peut vous sauver la tête (ou la vie) pendant la montée : prenez des pilules contre l’altitude et le mal des montagnes, en prévention, afin de ne jamais avoir de maux de tête, car une fois qu’ils sont là, ils restent, et vous prennent toute votre énergie pour monter.
  6. Etre en forme olympique le jour J !
    • C’est un RDV à ne pas manquer, tout se passe sur 2, 3, 5 jours avec l’ascension du sommet le dernier jour en guise de final. Donc la veille de l’ascension, en refuge (au Mont Blanc, dans un lit) ou sous la tente (au Kilimandjaro à -10°, dans un sac de couchage), dormez bien (si possible), mettez-vous de la crème de décontraction musculaire et mangez bien (des sucres lents de préférence). Le matin à l’aube ou au réveil à minuit avec une lampe frontale, prenez un vrai petit déj au réveil. Pendant la montée, buvez beaucoup d’eau, grignotez des barres de céréales en étant à l’écoute de votre état énergétique corporel et chauffez-vous bien. Dernière reco pour être en forme le jour du départ de l’expédition : allez vous faire masser dans un SPA pour vous décontracter et vous relaxer avant l’effort intense qui est devant vous ! Ce sont peut-être de nombreuses épreuves qui vous attendent (marche soutenue, escalade de rochers, couloirs de neige dangereux, pentes raides, arêtes étroites, pluie diluvienne, blessures et fatigue, maux de tête, remise en question, etc. ou bonheur et beau temps🙂 ), donc un peu de réconfort entre les efforts ne vous rendra que plus fort !
  7. Sur la montée, être régulier et avancer à son rythme !
    • Le principe de l’endurance est simple : si vous avancez à une vitesse constante et adaptée, inférieure à votre rythme cardiaque, le ciel est la seule limite. Et cela tombe bien car le sommet est souvent dessous (même si parfois ce dernier parait être sous les nuages…). Donc choisissez un rythme assez lent à votre convenance et avancer à votre rythme, de manière régulière, millimétrée et hyper disciplinée. Pas de gestes brusques (surtout dans les arêtes du Mont Blanc pour ne pas tomber d’un versant ou de l’autre…) ou d’efforts inutiles, un pas devant l’autre, et basta!
  8. Marcher en équipe et dédier sa montée à une cause !
    • On a tendance à faire de plus grands exploits si on ne les fait pas que pour soi. Donc first things first, la règle d’or d’une expédition est que tout le monde arrive au sommet et si possible, ensemble ! Aussi êtes-vous priés de rester groupé, soudé, solidaire, et bienveillant envers tous les membres de l’équipe. La montagne vous le rendra et le karma également. Ensuite, vous pouvez dédier cette montée à une cause, un projet ou à quelqu’un au-delà de vous et votre personne, cela vous permettra le moment venu, d’aller puiser dans des ressources internes cachées, que vous ne soupçonniez même pas.
  9. Aller puiser dans ses ressources ultimes !
    • Là est bien la difficulté : comment faire face à l’adversité à 4 000 mètres d’altitude, quand on ne peut potentiellement plus monter mais plus redescendre non plus ? Où aller puiser ses dernières ressources ? Bienvenue dans un rendez-vous avec vous-même, une heure de vérité interne, entre mental et physique, raison et lâcher prise, prudence et rage de vaincre : testez, repoussez, dépassez vos limites ! Le troisième poumon, le dernier effort après l’effort. Mais sans risquer l’embolie pulmonaire ou sa vie, donc il est utile d’apprendre en amont à sortir en dehors de sa zone de confort et à rester zen le cas échéant, pour ensuite escalader les montagnes de la vie et avoir confiance dans son potentiel infini pour les grands rendez-vous. En mode Michael Jordan !
  10. Au sommet, s’arrêter, contempler, célébrer, admirer !
    • Si vous avez la chance d’atteindre le sommet et d’avoir une météo clémente, un cadeau vous attend à l’arrivée : une vue fantastique en général imprenable mêlée d’une émotion envahissante issue de l’effort fourni pendant ces derniers jours. Donc célébrez avec votre équipe, puisez cette énergie naturelle et solaire éblouissante et profitez de ce moment précieux pour admirer la beauté du paysage et de l’horizon. Faites une pause, arrêter le temps, cet instant est le vôtre. Des glaciers du Mont Blanc aux volcans du Kilimandjaro, le sommet est un moment magique, émouvant, insaisissable, au-dessus des nuages. Et en redescendant tranquillement commencez à rêver du prochain mont à gravir, la vie est longue et les 7 Sommets du monde vous attendent, l’un après l’autre…

NB : Liens de sites d’information sur le Mont Blanc et sur le Kilimandjaro.

Bon voyage et bon sommet !


Diaporama de photos de l’ascension du Mont Blanc début août 2014
(Equipe : Julie, Olivier, Audrey, Colin, Jérome, Serguei et Greg)

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Diaporama de photos de l’ascension du Kilimandjaro début novembre 2013:
(Equipe : Julie, Olivier, Florian et Greg – album photo entier dispo sur ce lien)

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Hommage aux alpinistes qui franchissent les sommets chaque année
et à ceux qui décèdent en tentant de gravir l’impossible ! 

EDMUND HILARY

Sir Edmund Hillary


Documentaire ARTE sur l’ascension du Mont Blanc


Auteur : Vincent Avanzi est poète globe-trotter et conférencier sur l’éveil des Richesses Humaines en entreprise. De retour de 2 tours du monde, il a fondé Une Odyssée Humaine et La Plume Du Futur. Il donne aujourd’hui des conférences sur l’art d’entreprendre sa vie et l’art de révéler son potentiel de talents créatifs via la création artistique. Il est également l’auteur du livre Sur la Route de Soi, un manuel poétique pour être heureux et dessiner son avenir.  Pour toute demande de conférence, vous pouvez contacter l’auteur sur vincent @ odysseehumaine.com.

Couverture numérique

Projet Odyssée – Mont Blanc

De l’hippodrome de Long-champs au stylo plume du Mont Blanc,
Désormais je suis content donc s’il te plait souhaite moi bon vent
J’ai longtemps évolué dans le non sens, en quête de quelques petits montants
Dorénavant je prends mon temps, car c’est la vie que je contemple.

Perché sur un arbre ou sur le toit de l’Afrique,
Je ne serai pas encore au sommet de mon art
Penché sur ta barque, si c’est toi qui navigue,
J’espère que ton grand cœur est ouvert à ton âme.

Auteur : Vincent Avanzi

2 réponses »

  1. Merci à toi, Olive. Pour répondre à tes questions :

    -Régime alimentaire stable (pas d’initiatives ou de tests les jours j !), avec en recommandation des sucres lents les soirs (pâtes, riz, soupes, etc), des barres de céréales les jours de montée, et surtout BIEN SE NOURRIR (même si c’est pas bon), pour avoir des forces !

    -Boisson : oui beaucoup d’eau, certains avaient des Camelbak pour boire constamment, perso une gourde m’allait bien. Au Kili, on buvait 2 litres par jour, au Mont Blanc, 1 litre.

    -Sensations : l’air est pur, c’est un bonheur, et la vue, une merveille de la nature, que ce soit entouré de glaciers majestueux au Mont Blanc, ou au milieu des montagnes avec une vue sur la vallée au Kili. On respire bien, mais avec moins d’oxygène, donc évitez les gestes brusques.

    -Techniques de méditation : non, soit réflexion interne, soit discussions en groupe, à refaire le monde, rattraper le temps non perdu, et profiter du magique instant présent.

    -Au sommet, en mode contemplation, speechless, bonheur, émotion de l’accomplissement, partage avec l’équipe présente, hugs, laughters, and pure joy ! Après, des échanges très profonds et sincères entre équipiers, mais ça c’est entre nous hehe🙂 Le moment est magique et pas que pour la vue effectivement !

    -Les saisons : pour le Mont Blanc la saison ouverte est l’été, de juin à septembre. Pour le kili, il faut juste faire attention aux saisons des pluies en gros ! Perso, j’étais ravi de faire d’abord le Kili puis le Mont blanc, 2 ascensions très complémentaires, l’une estivale l’autre hivernale, l’une en 6 jours, l’autre en 2 jours, l’une en marche, l’autre en crampons escalade crètes, etc.

    Fais moi signe si tu veux de plus amples détails, et je t’accompagnerai jusqu’à la vallée si tu veux😉 Bises

  2. Merci Vinz. Bravo ! Super ascensions. Ca donne envie. Sans doute pour moi, dans l’année qui vient. A suivre.
    Qq questions, en chemin :
    – Est-ce que tu as changé ton régime alimentaire avant ? pendant ? après ?
    – Tu buvais bcp d’eau ?
    – Est-ce qu’on sent (nez) encore qqchose à cette altitude ?
    – Avais-tu des techniques de méditation en marchant ?
    – A quoi/qui pensais-tu, au sommet ?
    – Une recommandation sur les saisons pour ces 2 montées.

    Merci. A bientôt, champion🙂

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