Poèmes de la Plume

[Récit d’une Servitude] Poème « Au Revoir le Code Noir »

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Au Revoir le Code Noir

Au revoir le Code Noir, Adieu êtres odieux, Terriens et « t’es rien »,
Recréons du lien dans le siècle bleu de l’espoir.

Négritude, récit d’une servitude,
Altitude, récif d’une plénitude.

Aimé Césaire,
Ou les sèves de l’ébène qui s’élèvent de ses ailes
Sur le ciel de ses rêves jusqu’au jardin d’Eden,
Avé Ces Âmes qui errent dans des prisons à ciel ouvert
Dans les raisons de la colère du commerce triangulaire

De la Rue Case Nègre au Retour au pays natal,
Des caravelles à l’abolition de l’esclavage,
De la traite négrière à l’héritage colonial,
De la culture de la betterave et du bétail à la torture du travail,

Négritude, récit d’une servitude,
Altitude, récif d’une plénitude.

Plusieurs siècles sans lumière jusqu’aux abords de pays sages,
Les bougainvilliers surplombent les habitations de négriers,
Preuve à jamais de l’inhumanité du passé de l’Humanité.
« Hommes sans conscience, chant de ruines de l’âme » Rabelais.

Chemin tracé pour reprendre les mains sur sa destinée
Statuts de domestiques, descendants de la Martinique,
Depuis les Amérindiens qui vivaient de liens et de rien
Aux moulins à homme contre les esprits malins de l’âme.

Négritude, récit d’une servitude,
Altitude, récif d’une plénitude.

Trafic et transactions, depuis l’Afrique des plantations,
Des esclaves rebelles et des Neg Marrons en oppression,
Enfui en montagnes de coton sans cordon ni ombre animale
Des embarcadères aux embarcations à l’horizon.

Champs de canne à sucre aux chants esclaves enfants
Des danses d’évasion de classes en lutte à présent.
« Debout et libres » avec le goût de vivre,
Une « civilisation » brute de pure exploitation.

Négritude, récit d’une servitude,
Altitude, récif d’une plénitude.

Le Code Noir, obscure dortoir et défouloir
Couloir de mort qui respire encore les corps
Devoirs de mémoire sans droit sur leur Histoire,
Jusqu’à la révolte du soir de l’abolition du désespoir.

Missionnaires religieux qui ont des dictionnaires près des cieux
Mais pas visionnaires dans les voeux ni prix Nobel dans les yeux.
Les esclaves voguèrent librement vers de nouvelles étoiles
Sur le chemin d’y croire même dans le plus petit trou noir.

Négritude, récit d’une servitude,
Altitude, récif d’une plénitude.

Le créole oublié par la langue du maître,
Le pillage des ressources jusqu’au miracle de l’être,
Le poète a des vers qu’il exprime dans le tissage des lettres,
Ne jamais oublier les opprimés pour ne pas recommencer.

« Coupe les tiges et sois gentil sinon je te coupe les chevilles,
Si tu cherches à t’enfuir ce sera pire»

Bons nègres et mauvais blancs,
Devant la beauté des océans,
Valeurs humaines réduites à néant.
Héritage sanglant d’un non vivre ensemble.

Négritude, plénitude,
Changer d’ère et d’altitude.

Sages ou sauvages, voyages et naufrages,
Prendre de l’âge ou prendre le large,
Le métissage et le partage,
Atterissage en pays sage.

Le futur s’écrira avec chacune de nos plumes,
Rimes pour l’Humanité, vivre ensemble sous la lune.

NB : Poème écrit sur les Ruines du Château Dubuc en Martinique

Auteur : Vincent « Poésix » Avanzi
Globe-Trotter, Poète, Odyssée Humaine
Auteur du Livre Nirvanesque

« La poésie est une insurrection contre la société. »
Aimé Césaire

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