La question poétique

LA POESIE SAUVERA LE MONDE

Conférence sur le livre de Jean Pierre Siméon
-La Poésie Sauvera Le Monde-

« Les poètes sont des vrais réalistes et non des rêveurs ! » 

Jean-Pierre Siméon est poète, romancier, dramaturge, critique et directeur artistique du Printemps des Poètes. Il présentait le 17 octobre son dernier essai, La poésie sauvera le monde, lors d’une lecture conversation au Théâtre Les Déchargeurs.  « Depuis des temps immémoriaux, dans toutes les civilisations, dans toutes les cultures, orales et écrites, il y eut des poètes au sein de la cité. Ils ont toujours fait entendre le diapason de la conscience humaine rendue à sa liberté insolvable, à son audace, à son exigence la plus haute. Quand on n’entend plus ce diapason, c’est bien la cacophonie qui règne, intellectuelle, spirituelle et morale : le symptôme d’un abandon, d’une lâcheté et bientôt d’une défaite. » Jean-Pierre Siméon


-Extraits de la Conférence-

La poésie, c’est être exact avec la vie, c’est le point d’incandescence de toute réalité, cette énergie, cette prémonition, ce rêve, cette tentation, cet aimant. Elle est un accélérateur de conscience et un diapason d’existence. Grâce à elle, la vie devient un jaillissement possible. Dans notre monde antipoétique et en manque de notre « part d’être », la poésie est une profonde leçon d’inquiétude et la condition même d’une cité libre. Elle est en fait la seule objection radicale de notre monde : contre l’enfermement médiatique, contre le langage partagé, figé, « cravaté », contre la parole sans cesse présente mais creuse (ie les chaines d’infos en continu), cette langue molle faite de pseudo récits fictionnels qui nous pénètre sur tous les aspects de notre existence, bref contre tout ce qui nous fait devenir des clones soumis et enlacés dans la paresse de la conscience.

La poésie, seule objection radicale de notre société

Nous sommes des êtres complexes, en permanente métamorphose, c’est ce que traduit « la langue des poètes » et non pas la langue des médias aplatie, simplificatrice et composée de schémas évidents sans interrogation. La réalité un mille-feuilles et non pas juste résumée à la surface du réel : elle est composée d’affects, d’émotions, de sentiments, de sensualité, de profondeur, d’invisible. C’est pourquoi les poètes sont des vrais réalistes et non des rêveurs ! Ils sont les narrateurs de la complexité du réel et du monde invisible. « Je est un autre » disait Rimbaud.

Nous vivons actuellement dans un monde « totalitaire », dans le sens où il forme un « tout clos » mené par le gouvernement de l’imaginaire collectif. Ceci explique l’exil des poètes, depuis toujours, car il gênent. Ils rejettent l’immobilisme, cette vision arrêtée objective, et remettent tout en question. La société dans le « garde à vous », c’est-à-dire une vie en peur avec une mise en ordre et une mise au pas invisible où l’on nous dit toujours « quoi faire ».

La langue des poètes traduit l’autre vérité du monde

La poésie, c’est cette manière d’être, d’habiter, de s’habiter. C’est la « liberté libre » dont parlait Rimbaud, contre l’ordre et les injonctions qui ne laissent pas de place aux objections. En écoutant un poème, on entend une autre langue, le poème « dissone ». Le poème dit l’autre vérité du monde, il nous ramène à l’exigence de liberté. Il y a 1000 avatars du poème. Shakespeare disait « chaque homme est un comédien dans un théâtre » et nous sommes devenus tous des figurants dans une fable funèbre. Le théâtre est une salle où le temps est arrêté, il est suspendu de la vie immédiate. Il amène au questionnement pour s’interroger sur la condition humaine, tel un lieu public pour faire entendre la langue des poètes, cette langue « impossible », imprévue, composée, subtile, nuancée avec une part de silence.

Nous avons besoin de ces instants de silence pour écouter la résonance de la plus value du sens. Les poètes remettent du rythme et du silence dans la langue. Aragon disait « la poésie est la révolte de l’oreille » contre la langue vide et creuse. Ainsi, les vers sont l’essence des poèmes, en cela qu’ils laissent cette part de silence impossible à la fin de chaque vers, sur la feuille, à droite.

Tout artiste est fait pour troubler, hormis le pur conformisme du divertissement. Ils modifient les codes du langage verbal ou visuel. La question de tout art se place dans l’éducation populaire : à quoi sert-il dans le processus de développement des consciences ? On est sensé ressortir grandi d’une oeuvre, capable d’autre choses, dans la direction de consciences libres et éveillées. La première rebellion n’est-elle pas : « Soyons heureux » ? …

L’art sert à éveiller les consciences vers la « liberté libre »

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Livre disponible chez Le Passeur et le Printemps des Poètes


Auteur : Vincent Avanzi est un homme de l’être, globe-trotter et poète des temps modernes. Fondateur de La Plume Du Futur et Consultant en Richesses Humaines, il donne des conférences auprès d’entreprises pour révéler les talents créatifs via la poésie d’entreprise et anime des Cercles de Poètes de la Vie avec des particuliers. Il intervient également en qualité de synthétiseur poétique pour clôturer en poésie tout type d’événements. Enfin, il est l’auteur du livre La Poésie de La Vie, un recueil de chroniques sur l’art de vivre ensemble. Découvrez l’Agenda Poétique 2015 et Les 10 vertus de la Poésie.

Repoétiser la société – Humaniser l’entreprise – Réenchanter le monde – Dessiner l’avenir

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